jeudi 29 octobre 2009

Un univers de douceur


Juillet, août, septembre, octobre ... encore un clignement d'œil et novembre sera là.
Bon Dieu! A bord de quel véhicule sommes nous donc embarqués?
Je me souviens de l'époque où je pensais:
- 'J'ai encore 60 ans à vivre et au train où j'ai vécu les vingts premières, j'ai le temps de voir venir'.
Un peu plus tard:
- 'Pfiouuuu, je n'ai encore vécu que la moitié, encore la même chose devant moi'.
Oui, mais voilà, les dés sont pipés, il y a arnaque, publicité mensongère.
Albert l'avait dit:
- 'Le temps est un élastique!'
Il est tendu à craquer au début, le mur du fond n'était qu'un horizon intangible. Mais le temps passant, il se détend. Il se détend tout en accélérant la poussière que nous sommes et là tout va très vite. C'est comme sur les montagnes russes, on met un temps infini à crapahuter le long de la crémaillère qui nous hisse tout en haut, puis, en une fraction de seconde, c'est le vertige, l'accélération infernale et toutes les boucles ont été parcourues en une fraction de seconde ....... mais tout est relatif a-t-il aussi dit.
Pourquoi parle-je de tout çà? Le titre était un univers de douceur ... ah, oui!
Nous sommes déjà à l'automne, les couleurs changent, les portes ne restent plus ouvertes, on se pelotonne, on a envie de douceur.
Et .... la douceur est livrable par la poste.
Une vraie merveille, on en tripote les pelotes pour la jouissance qu'elles procurent au bout des doigts.
La meilleure option est d'en faire une cote de mailles pour protéger l'être cher des vents coulis et de l'amener à venir se serrer dans vos bras.
Mais qu'est-ce que je suis occupé à faire?
Bon trop tard, je vous fais confiance, vous êtes dans la confidence, ne racontez à personne que je vous ai montré mes boules.
Je devrais faire semblant de ne pas vous connaître ... ce serait vraiment dommage.

lundi 13 juillet 2009

Et pourtant je vous aime!

-'Englouti par la ville?' demande Nilufer.

Il y a de çà, oui, .... mais pas seulement.


J'ai commencé ce blog par
curiosité, dans un moment de disponibilité très certainement. J'ai ensuite eu du plaisir à découvrir que je pouvais être lu et par dessus tout, découvrir quelques personnes dont j'apprécie les blogs et les échanges.

Mais pour entretenir un blog, il faut avoir des choses à partager. Il y a toujours des choses à partager, me direz vous, mais malgré toute la liberté qu'il peut y avoir ici, il y a des choses qui ne peuvent être affichées parce qu'elles concernent des personnes qui peuvent avoir barre sur d'autres, avoir une autorité qu'ils méritent de nulle part. Ces mêmes choses qui ne peuvent être affichées publiquement sont pourtant celles qui occupent mon esprit et ne laisse pas grande place pour le reste.

C'est effroyable, je passe un temps bête à écrire ces quelques lignes, comme un gosse faisant un devoir, distrait par chaque mouche qui passe, prêtant l'oreille à chaque son qui me fera tourner la tête.

Je pense pourtant tous les jours à vous, quand je suis dans ma voiture à rouler seul vers le boulot, je me remémore les échanges, certains de vos billets, les belles photos.

Les jours fastes, j'en arrive même à imaginer un article, il y a même des brouillons qui sont stockés mais qui ne paraîtront jamais. Leur actualité est passée et même si pour vous cela serait neuf, pour moi c'est passé, l'ambiance est passée, les sensatio
ns sont passées et tenter de les évoquer après coups serait une imposture.

Je viens de faire relire mon texte par Mme des Neiges, comme à mon habitude, pour m'assurer que
ce que j'écris est compréhensible,que je ne suis pas en train de battre la campagne.
Son avis est péremptoire:

- C'est tout toi çà mais qu'est-ce que c'est triste.
- Lâche toi! Pars en couille!

Bon d'accord. Voyons? Ah oui,les résultats s
colaires!
Non, je laisse tomber.

Partir en vacances? Ah oui, les vacances!

Cela fait quelques semaines qu'il y a comme des étincelles qui crépitent de temps en temps dans les conversations au souper (NDT: durant le dîner): kirimite, tulumba, seftali, ...


Le week-end dernier, il faisait vraiment délicieux pour passer la soirée au jardin et, après le barbecue, un narghilé et un tournoi familial de tavla.

Vous voulez des petits bonheurs?

Comme les enfants en stage de camping au fond du jardin?

Ou une luciole dans la pelouse?
Ou encore Mme des Neiges dans une de ses activités favorites à cette période de l'année?

mardi 19 mai 2009

P... de ville!

Je me suis rendu au centre de Bruxelles cette après-midi. Il y avait longtemps que je n'y étais plus allé.
Après quelques années à travailler dans les beaux quartiers de la Commission Européenne et un an et demi dans une charmante petite ville de province, je devais me présenter aujourd'hui à un rendez-vous en plein centre de la ville.
Ambiance étrange qui ne semblait sans doute étrange qu'à moi qui parcourait ce trottoir comme un étranger, qui découvre, re-découvre un décor qu'il a connu mais qu'il ne reconnait pas.
J'étais accompagné, quasi guidé par quelqu'un, ce qui augmentait ma passivité et me rendait spectateur de ce qui m'entourait.
Seul, j'aurais tracé sur le trottoir et je me serais mis à slalomer entre les passants, en marchant de plus en plus vite. Mon guide, pas pressé, voulait griller une cigarette sur les quelques minutes de battement qui nous restaient et traînait la jambe.
Nous nous étions rendus en ville en voiture, j'étais passager. Plaisir rare! Je suis alors comme un enfant qui dévore le paysage qui défile sous ces yeux.
Passager derrière une vitre, c'est comme spectateur dans une salle de cinéma, tout est irréel.
Arrivés à la gare du Nord, nous nous enfonçons dans un parking souterrain. La porte de la voiture s'ouvre, la toile de l'écran se déchire, les coulisses se dévoilent. C'est un peu une surprise, tous les détails n'apparaissent pas simultanément. C'est l'odeur qui se présente la première. Une odeur d'urine. C'est comme si nous pénétrions dans la ville en passant par les commodités.
Nous cherchons la porte, celle-ci s'ouvre sur les couloirs du métro. Que tout est gris mat! Le béton est nu. Nous sommes dans l'intimité de la ville.
Des corps allongés. Etonnant! C'est comme si certains faisaient la sieste au milieu d'autres qui s'affairent.
Ici, une couverture roulée, pas de tête, ni de chaussures qui dépassent. Y a-t-il quelqu'un dedans? Là c'est un couple qui a l'air de dormir profondément, elle contre lui. Mon regard s'attarde sur ces dormeurs mais aussi sur les passants. Suis-je le seul à les voir? D'autres regards remarquent-ils ces corps?
Enfin, les escaliers mécaniques, nous allons sortir, prendre l'air.
Au moment de mettre le pied sur la première marche, je marque un arrêt. Non! Non je ne peux pas mettre la main sur la rampe de l'escalier. Je ne suis pas maniaque, je pense même qu'une dose quotidienne de bactéries ne fait que renforcer l'organisme. Mais là c'est trop! La crasse est palpable et je ne veux pas la palper. Petit déséquilibre au démarrage, rétablissement, j'arriverai en haut sans poser les mains.
L'air disais-je. Quel air? Cet chose translucide, qu'il faut aspirer avec effort? Il y a comme une brume qui brouille le ciel et la lumière.
Un instant pour se repérer, oui, c'est par là.
Nous longeons des bâtiments. Aux pieds de chacun, des petits groupes, le regard dans le vide, ils sont là à piétiner en tirant sur leur clope. Nous traversons des nuages de fumée au gré des portes d'entrée que nous dépassons.
Il n'y a pas si longtemps, ce quartier était le haut lieu de la prostitution, ce chancre est remplacé par un autre, les ministères y ont installé leurs officines mais il y en a toujours pour faire le pied de grue, la clope au bec.
Me croirez-vous si je vous dis que ce soir, en rentrant chez moi, j'ai augmenté la ventilation dans la voiture en croisant des tracteurs en train de mettre les foins en ballots?
L'odeur du foin ne m'a jamais autant plu que ce soir.

mercredi 13 mai 2009

Une file, tout un monde.

J'ai une difficulté croissante avec les files d'attente.
Elles sont partout, le matin pour aller travailler, le soir pour rentrer, le samedi pour faire les emplettes, le dimanche pour des croissants.
Ce midi, j'avais un achat à faire, pas loin du bureau, dans un quartier populaire, très cosmopolite. J'étais motivé pour l'achat, j'avais pris la décision de prendre le temps nécessaire ... quitte à faire la file.
Seul, je n'avais qu'à ouvrir les yeux et les oreilles comme j'aime le faire et m'imprégner de ce qui m'entourait.
Devant moi, deux dames d'un âge certain, une espagnole et une arabe, je n'ai pas saisi le début de leur conversion emportée sur ce qu'elles feraient dès que leur mari serait pensionné, l'endroit où elles iraient vivre, le beau temps qu'elles appelaient de leurs vœux. Je ne suis pas resté accroché sur l'objet de leur conversation mais je ne pouvais m'empêcher de sourire à regarder ces deux personnes d'origines tellement différentes se parler chaleureusement avec leur cabas au bras.
Derrière moi, une dame arrive, dépose son sac à terre et s'en va continuer ses emplettes. La file avance rapidement, un écart se creuse entre le sac et moi, un homme arrive avec son petit garçon et se glisse derrière moi.
Une minute ou deux plus tard la dame revient et, de manière peu amène, s'adresse à l'homme lui disant que c'était son sac qui est là, derrière lui. Le bonhomme, plaisantant, répond qu'il n'avait pas envisagé qu'un sac pouvait faire la file. La mégère s'emporte et dit que s'il le prenait sur ce ton, elle ferait la file derrière lui. Il lui répondit que c'était elle qui montait le ton, et il avait raison, mais il l'a laissée reprendre sa place.

Le comble a été atteint quelques instants plus tard. La dame, s'adressant à une personne dans la file parallèle, demande où elle a trouvé cet article et prévient alors le monsieur que son sac reste là mais qu'elle doit encore aller chercher un article.
Pourquoi ne me suis-je contenté de me retourner et de regarder cette dame, pourquoi ai-je gardé les dents serrées, pourquoi ne lui ai-je pas dit qu'elle ne manquait pas de culot? Lui demander si elle imaginait une file de sacs attendant que leurs propriétaires terminent leurs emplettes.
Vient mon tour et, pendant que je jette les articles pointés au fond de mon sac, une autre dame à l'autre extrémité de la bande roulante, en conversation avec son mobile, parle de plus en plus fort et se met à répéter plusieurs fois les mêmes propos, comme si son interlocuteur ne saisissait pas ses propos:
- Je ne sais pas ce qui se passe, y en a une qui passe devant moi!
- Ils sont pas gênés.
Et elle parle de plus en plus fort
- Rien ne les gêne, eux!
Je n'ai pas vu ce qui s'est passé mais la personne qui était devant elle était africaine. Je ne sais pas qui a fait quoi, mais ces propos, lourds, dit trop forts, trop répétés, ce mot 'eux' à la place de 'personnes' ne pouvaient être que choquants.
Les deux petites dames du début me semblaient déjà loin, mon sourire effacé, j'étais content d'être de retour au bureau, me réinstaller derrière mon écran et fixer mon attention sur mon clavier.
Je n'aime pas les files.

jeudi 16 avril 2009

#Happy jeudi: La complainte du père de famille


Le jeudi, un jour comme les autres ... ou presque.

Retour à la maison

- Bonjour mon Loulou!
- Bonjour mon Loulou! (jeudi)

- Comment était la route?
- Nous rentrons à l'instant. (jeudi)
- Tu sais que je t'aime?
- Je suis épuisée après cette journée dans les magasins. (jeudi)

Ce petit échange est très rapidement suivi de la séance protocolaire des bisous aux nains de jardin alignés en rang d'oignon.

- Bonjour, papa

-
On a fait les magasins aujourd'hui, je suis fatiguée? (jeudi)
(Bis)
(Ter)
(Quater)
- (moi) Dis S.! Cela ne fait rien que nous n'allions pas rouler ce soir pour ton permis? Je suis fatigué.
- Oh, non, je suis crevée après cette journée de shopping. Je ne pourrai pas me concentrer.

Écroulé dans le divan, j'ai eu droit à un défilé pour moi tout seul:
- Tu as vu mon short vert?

- J'en ai aussi un noir?
- Regardes le mien, il est rouge.
- Je me suis trouvé un foulard.
- J'ai un album de Kid Paddle! (Ah? Cà c'est le fils!)
- J'ai trouvé une très chouette blouse.

Un maillot, deux jeans et quelques t-shirt plus loin ....


- Nous n'avons pas trouvé le principal
- Ah bon? Il y a beaucoup pourtant!
- Non, non.

- Non, non, il y a pas beaucoup?
- Non, non, nous n'avons pas ce pourquoi nous étions allé(e)s en ville.
- Ah?
- On n'a pas trouvé de chaussures pour K., ni d'ailleurs pour S.
- M. n'a pas trouvé de pantalon non plus, d'ailleurs.
- Ah? Donc vous avez des shorts avec lesquels elles ne seront pas autorisées à entrer dans l'école? Un foulard, des t-shirts, des chaussettes, des soutifs mais pas de chaussures, ni de pantalon. Ah oui, j'oubliais, un album de Kid Paddle et vous êtes lessivé(e)s.
- Oui, c'est bien résumé.
-(toujours elle) Tu te souviens, pour M.? Nous avions acheté un pantalon à Istanbul, il y avait du choix là-bas.

- (moi) Huuu?
- (moi) Ouais, et je dois admettre que si la cliente a quelques réticences, à Istanbul, la vendeuse aide même à enfiler les 246 modèles qu'elle a déballés et qu'il faut absolument essayer.

- (toujours moi) Je m'en souviens bien. K. (le fils) et moi attendions sur un banc public, en plein soleil, que cela se termine.

- (encore et toujours moi) Mais bon, quand est-ce qu'on mange avec tout cela?

- N'oublies pas, tu dois encore aller chez l'orthodontiste avec S.
- Ah oui, zut!
- S.? Tu es prête? Quoi? Tu n'as toujours pas tes chaussures aux pieds?

Plus tard, chez le médecin (non, DEVANT le médecin):
- T'as vu le trou dans mes Converses?

- Ouais, je sais, on doit encore trouver des chaussures.

Taille 42, pour une fille, vous vous rendez compte?

(Il faut dire, que les filles sont de plus en plus grandes et que parfois, à côté de certaines d'entre elles, je me sens plus large que haut.)

J'en arrive à penser que mon père avait tort. Il est plus difficile et plus fatiguant de dépenser de l'argent qu'en gagner. J'en ai la preuve par cinq.

dimanche 5 avril 2009

Happy Lundi - Au jardin

Nous avons connu une très bonne semaine, du point de vue de la météo, et la meilleure preuve que le printemps arrive est le gazon qui pousse à vue d'œil.
A la fin de la saison précédente, la tondeuse rendait l'âme et la décision était prise d'en acheter une nouvelle.
Comme tout bon amateur de jardinage - en fait non, j'apprécie de moins en moins les tâches de jardinage - j'avais bien prévu d'aller en acheter une avant la ruée de tous les jardineux se précipitant aux urgences avec leurs machines agonisantes dès le premier week-end ensoleillé.


Intentions,bonnes intentions, quand vous nous tenez ... si mal!

Samedi, j'ai jeté un coup d'œil au gazon et, oui, c'était bien cette sorte de gazon teigneux - celui qui attend que vous tourniez le dos pour pousser à toute vitesse - qui redressait la tête. Sournois!
C'était donc décidé, nous irions faire la file au magasin, bon week-end pour cela!

Chance, nous sommes arrivés avant les autres, la machine choisie était disponible moyennant un quart d'heure de préparation.

Okeeee! Ça roule ma poule!

Rien de tel pour motiver un homme à travailler que de lui donner une nouvelle machine.
Et, avant de commencer, une photo pour le Happy Lundi.

Que du bonheur!


Pour une demi-heure. Une demi-heure avant que la machine ne se mette à cogner méchamment ... et de courir au magasin pour la faire examiner.

Arrivée aux urgences:17H15. Heure de fermeture le samedi: 17H.

Aaaaargh!


Comme me dit ma fille: 'Pourquoi fermer à 17H le samedi et 18H en semaine? C'est le samedi que les gens ont besoin d'eux!'
Vous voyez? Même un gosse peut comprendre cela!

Pas de chance pour eux, la grille du voisin était ouverte et les clés sur la porte du magasin ... mais la porte ouverte.

Finalement, après un examen sommaire, ils décident de garder la malade aux urgences et l'examineront lundi.

Rage!


Ne pouvant rester sur une telle déception, j'ai pris cette photo du premier barbecue de l'année.
L'engin a démarré, ce dimanche soir, du premier coup et sans rechigner.
Quand même un peu de bonheur dans ce monde de contrariété.


Que la semaine vous soit douce.

dimanche 29 mars 2009

Histoire sans paroles

Étrange, étrange, quand je n'ai pas le temps d'écrire, j'y pense tout le temps ... et ... quand je prends le temps de le faire, je ne sais pas comment commencer.
Quinze jours! Quinze jours depuis le dernier billet. Autant dire une éternité quand j'essaie de rassembler mes idées sur ce qui s'est passé.
J'ai passé une partie de la soirée à tenter d'écrire le récit de la visite de notre correspondante hongroise. Je n'y arrive pas, je n'arrive pas à faire passer d'émotion, c'est lourd et sans intérêt.
Tout s'est, pourtant bien passé, la question n'est pas là.
Au cours d'une conversation, nous avions appris que Manuela n'avait jamais vu la mer. Samedi dernier nous y sommes allés, avec elle, il faisait un temps splendide.
Je vous livre des photos de cette journée, sans autres commentaires.
Arrivez-vous à les regarder comme si vous voyiez la mer pour la première fois?